Stan, le 15/11/11

Les androïdes rêvent-lis de moutons électriques ? (Blade Runner)

1968, Philip K. Dick.

L’histoire se déroule en 1992, sur une Terre ravagée par l’hivers nucléaire. L’émigration vers les colonies martiennes est encouragé si bien que les immenses citées ne sont désormais peuplées que des rares personnes ne désirant pas voyager, ou qui n’en n’ont pas le droit car trop irradiés.
La faune et la flore est presque réduite à néant, et posséder un véritable animal témoigne désormais d’une richesse financière et sociale enviée. Les moins fortunés se rabattent sur des animaux robotisés…

Rick Deckard est un chasseur d’androïdes. Un Blade Runner. Il traque et détruit les fugitifs contre diverses primes. Il est rapidement mis sur la piste de robots particulièrement performants, les Nexus 6, qui confondent désormais le test de différentiation humain/androïde, le test Voigt-Kampff, basé sur l’empathie (dont les robots sont habituellement dépourvus). La traque sera sanglante et ébranlante aussi bien pour Deckard que pour les androïdes… que pour le lecteur !

Philip Dick, auteur de SF torturé et dépendant d’hallucinogènes et/ou amphet’ pour écrire, est connu pour ses œuvres métaphysiques, oniriques, desquels on ressort confus… et plus très sûr d’avoir capté le propos du bouquin ! Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques (renommé Blade Runner dans sa version française actuelle) bien que très réaliste et sobre, reste fidèle au style de Dick. Il offre plusieurs niveaux de lecture :

*Le premier, une traque violente et haletante dans une cité futuriste, monstrueuse et sale, déchire pas mal.

*UN second niveau pose une question récurrente en SF : Que fait-il de l’Homme ce qu’il est ?Les frontières entre l’Homme, et son némésis l’androïde, sont ici brouillés. L’androïde tour à tour éprouve empathie, chagrin, courage, furie, peur… En un mot il devient un portrait de l’humain vrai.
L’Homme, lui, est égoïste, abruti par les média et ses gadgets technologiques (à tout moment de la journée, on compose sur son « orgue d’humeur » l’état émotionnel que l’on désire éprouver) et est réduit à subir des séances d’une sorte de rêve collectif : le Mercerisme (devenu un genre de religion) pour re-éprouver l’empathie originelle. Ombre de lui-même, il est détaché de la vie. C’est assez perturbant.

*Il y a aussi ce genre de questions laissées en suspend, qui pourraient bien inverser tout le sens du livre. Je vous laisse découvrir ces surprises plutôt déroutantes.

Stan, le 15/11/11

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